17/01/17

Note de lecture #2 Le Parfum de la bûche, de Shan In XYZ

Choix judicieux que celui du monologue intérieur auquel il est facile – quand cela est bien fait – de s’identifier.

Par David
Pour l'atelier “L'atelier de Noël”

 

Impression générale : Choix judicieux que celui du monologue intérieur auquel il est facile – quand cela est bien fait – de s’identifier. Autre choix pertinent, celui de passer du côté obscur de la force (de Noël) en révélant par l’écrit ce que tout le monde pense tout bas. À savoir : ras le bol des dîners de Noël, des petits plats dans les grands… pour recevoir la famille que l’on ne voit parfois qu’une fois l’an. Enfin, le rythme et la montée en puissance du texte sont très bien menés. Jusqu’à ce délicieux : « Ils ne sont pas tous chez eux au lieu de me faire chier ! »

 

L’art de faire sourire (ou rire) : Le monologue intérieur, justement, prête à sourire. Le lecteur est pris à partie, se fait le témoin d’une longue tirade cynique et narquoise. Et jubile attendant de savoir jusqu’où le narrateur va aller. Et s’il les foutait tous à la porte ? Ici, l’humour se teinte d’un joli noir et procède par touches. C’est le choix d’un vocabulaire un peu excessif, décalé ou familier : « dévorer », « pique-assiette », « frangine », « morfales », « gibier de potence ». C’est aussi en quelques lignes une photographie qui parle à tous : « En plus, ils passent leur temps à critiquer, entre ma belle-sœur qui n’aurait pas choisi ce plat principal ou la belle-mère qui aurait présenté différemment, sans oublier ma frangine, qui faisant mine de te complimenter, dit qu’elle a mieux mangé chez un ami. » Quelque chose de cruel traverse ce texte. Savoureusement cruel.

 

Le truc en plus : La concision. L’art et la manière d’aller droit au but. En quelques lignes : un portrait de famille, un repas de Noël qui va jusqu’à la bûche. Et quelle bûche ! La chute tombe à pic. Et la fin, ouverte et cruelle, comme on aime.

 

Le truc à améliorer : On chipote mais puisqu’il s’agit de donner des conseils alors va pour une petite remarque. La chute justement repose sur une référence. Celle à un film : La Couleur des sentiments. Pour qui n’a pas vu le film, cela peut-être un obstacle. Encore que, même sans l’avoir vu, on comprend que ça sent le sapin pour tout ce petit monde.

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