18/11/16

10 livres à (re)lire avant d’écrire

Qui a dit qu’il fallait se couper du monde pour se lancer en écriture ? Que lire les plus grandes plumes vivantes ou disparues pouvaient nous faire sentir tout petit, nous filer des complexes ? Parfois, lire les autres peut faire du bien, donner des idées (pas les voler, hein ?), et nous démontrer par A + B que c’est ainsi que l’on souhaiterait écrire. Ou non. Bref, lire des auteurs majeurs permet souvent de faire le point et de (re)partir du bon pied. Voici donc une petite bibliographie signée JDE, pour vous servir… Lancez-vous dans ces lectures stylo et carnet en main et lisez…

Par Jean-Nicolas Berniche

  1. Maylis de Kerangal ou Michel Layaz pour maîtriser toutes les subtilités de la langue française. Sublimer la langue de Molière. Lors de votre lecture, notez les adjectifs, verbes, métaphores, comparaisons et phrases particulièrement intéressantes qui prouvent que l’on peut encore décrire quelque chose de façon totalement unique et nouvelle. Relire vos notes plus tard déclenchera peut-être de grandes idées pour votre propre projet d’écriture. À lire: Naissance d’un pont et Cher Boniface

 

  1. Laurent Graff pour se prouver que rien n’est impossible, ni interdit et que le texte n’a comme limite que celle de votre imagination. L’auteur de Voyage, voyages donne vie à des personnages rocambolesques et invente des histoires farfelues, mais terriblement efficaces. Observez la façon dont il plante un décor et fait naître un personnage. Et notez les moments (nombreux) où il vous arrache un sourire. À lire : Il ne vous reste plus qu’une photo à prendre

 

  1. Stephen King pour apprendre à faire trembler le lecteur et s’emparer des clés du suspense. Stephen King suggère. Il préfère jouer sur la peur du possible, plutôt que de le montrer. Inquiéter, manipuler et faire frémir : une passion chez lui. Nul doute que de vous (re)plonger dans ses œuvres vous montrera comment couper le souffle à vos lecteurs. À lire : Shining et Mr Mercedes

 

  1. Raymond Carver pour saisir le quotidien dans ses moindres détails et le transcender en chair romanesque. Si vous trouvez que vous faites souvent trop long, lisez ce nouvelliste brillant, le plus brillant de tous sans doute. Il maîtrise comme personne la brièveté et l’intensité en littérature. Il a cette capacité à se concentrer sur les traits les plus saillants des personnages et de l’histoire qu’ils vivent. Et ce, dans une langue simple et élégante bien que souvent familière. À lire : Parlez-moi d’amour.

 

  1. Hubert Selby Jr pour plonger dans la noirceur humaine, savoir écrire sur les obsessions, les vices, la souffrance. Et ce sans pathos. C’est bien là tout le défi ! Et l’auteur de Last exit to Brooklyn maîtrise la chose de façon exceptionnelle. Son écriture est composée avec les nerfs, très rythmée et très rapide.           À lire : Le Démon.

 

  1. Delphine de Vigan pour analyser la façon dont se construit un récit. Pour cette auteur, l’idéal est même de découvrir ses œuvres dans leur chronologie. Au départ, des récits bien ficelés mais assez simples, avec des personnages attachants, un sens de la poésie et beaucoup d’empathie. Aujourd’hui, avec ses deux derniers romans, elle prouve à quel point une œuvre peut prendre du corps et de la densité. Se complexifier sans rien perdre des atouts de sa jeunesse. À lire : No et moi, puis Rien ne s’oppose à la nuit

 

 

  1. Charles Dickens pour inventer des destinées hors du commun. Comme nul autre, Charles Dickens donne vie à des personnages charismatiques et des intrigues au long cours. Ses héros sont confrontés à de nombreux obstacles qu’ils surmonteront en apprenant à se connaître. À lire : n’importe lequel de ses livres

 

  1. Laurent Chalumeau pour manier l’art délicat de faire rire. Pour ceux qui ne le connaissent pas, l’animal a longtemps œuvré dans l’ombre d’Antoine de Caunes lorsque celui-ci faisait le zouave sur le plateau de Nulle Part ailleurs. Il signait les textes de Pine d’huître et comparses. Vous imaginez donc la puissance humoristique de ce croqueur de talent. Ses personnages, souvent des losers, sont à mourir de rire. Alors, on observe et on essaie d’en faire autant. À lire : Un mec sympa

 

  1. James Salter pour comprendre une bonne fois pour toutes ce que signifie parler d’amour et de sensualité. Exit les niaiseries, les scènes faussement hot… James Salter est capable de décrire mieux que personne les complexes relations amoureuses et le désir. Jugé scandaleusement érotique à ses débuts, il est désormais reconnu comme un auteur délicieusement charnel. À lire : Un bonheur parfait

 

  1. Jonathan Franzen pour cerner ce qu’est une fresque existentielle. Observer cette capacité à raconter la grande histoire à travers la petite. À croquer une famille pour saisir les névroses des époques et du monde. Pour souffler le chaud, puis le froid. Tirer les larmes, puis faire rire à perdre la raison. Le tout, avec une écriture d’une simplicité bouleversante. Bref prouver que l’on peut écrire un chef-d’œuvre tout en préservant ses lecteurs d’une complexité trop fastidieuse. À lire: Les Corrections

 

On revient bientôt avec une autre liste plus orientée « genre » littéraire. Car, dernier conseil : lisez aussi le genre de livres que vous avez envie d’écrire. Vous saurez ainsi ce que les autres auteurs, confrontés aux mêmes problèmes, ont fait.

les trucs d'auteurs
13/05/16


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