29/09/16

Comment construire et nourrir un personnage ?

Faire vivre un personnage nécessite un travail méticuleux. D’abord une bonne préparation de fond pour le cerner sous toutes ses coutures. Ensuite, une véritable réflexion sur son évolution au gré du récit. Voici quatre aspects primordiaux à prendre en compte avant de se lancer.

Par Mélanie Carpentier

Le rendre vivant

La première question que l’on se pose lorsqu’on s’imagine un personnage, c’est : à quoi ressemble-t-il ? Le lecteur doit être en capacité de connaître les moindres détails de son personnalité. Ce travail nécessite une vraie préparation en amont. Pour cela, deux options semblent adaptées. Vous pouvez, par exemple, créer une fiche d’identité qui indique toutes ses caractéristiques physiques, morales et sociales. Mais également ses manies, sa manière de s’exprimer et ses relations amicales. Autre possibilité : dessiner. Tel le story-board pour le scénario de cinéma, les croquis et autres portraits renforcent votre imagination et facilitent l’écriture de votre personnage. Poser les bases de son personnage est un préalable pour permettre au lecteur de s’identifier à lui.

Le rendre crédible

Pour chaque nouvelle action réalisée par votre personnage, une réflexion doit sans cesse vous habiter : est-ce crédible ? Par exemple, si votre héros habite dans un grand appartement parisien, peut-il vraiment exercer un métier mal payé ? Le lecteur mal averti serait tenté de dire non… sauf si vous avez réussi à expliquer que ce personnage est logé par un ami ou sa famille fortuné. La crédibilité se joue sur la nature même de votre personnage. Les précisions données sur son contexte historique, culturel et familial sont essentielles pour comprendre ses choix et ses actes.

Le faire évoluer

L’une des clés de la réussite d’un roman se joue dans la manière dont votre personnage évolue dans l’intrigue. Par exemple, s’il est passé d’un point A (un honnête boulanger marié avec deux enfants) à un point B (un dangereux psychopathe qui vit caché), l’auteur a clairement intérêt à justifier ce basculement. Pour cela, vous pouvez raconter son évolution à travers la vie de son entourage. Les confessions de son fils ainé sur le mal-être de son père, le voisin qui décide de se rendre au commissariat pour dénoncer son attitude préoccupante… Ces actions – isolées ou non du personnage principal – vont avoir pour conséquence de le pousser à s’adapter et, de fait, à évoluer.

Instiller de la contradiction

Dernière pièce de votre construction : les doutes de votre personnage. Par exemple, à la fin de votre roman, il doit prendre une décision majeure : doit-il quitter son pays et vivre heureux ou rester auprès de sa famille et renoncer à ses ambitions ? Si, par orgueil, il choisit la première option ou si, par amour, il choisit l’autre voie, il ira à l’encontre de ses intentions initiales. Mais il suscitera une réaction de la part du lecteur, soit de l’empathie ou du mépris. Intégrer de la contradiction à votre personnage lui donne du relief et relève son véritable caractère. S’il divise votre lectorat, tant mieux !

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13/05/16


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