03/10/16

Comment choisir le sujet de son roman ?

Comment noircir la page blanche ? Comment déverrouiller l’inspiration pour créer une œuvre à part entière ?
Voici quelques suggestions pour trouver le sujet idéal qui fera d’une simple idée de départ, un futur roman.

Par David

*Je est un autre. Une grande majorité d’auteurs, pour leur premier roman, partent d’une situation qu’ils connaissent mieux que quiconque : eux-mêmes. Tout en détournant la vérité pour en faire une œuvre de fiction à part entière. C’est ce que fit Jack Kerouac avec Sur la route en devenant Sal Paradise ou encore Françoise Sagan avec Bonjour Tristesse. C’est aussi le fond de commerce, livre après livre, de Christine Angot.

 

*L’Histoire avec un grand H. On peut aussi choisir un fait historique ou une période que l’on apprécie tout particulièrement et inscrire la petite histoire (celle que vous aurez décidé d’inventer) dans la grande. Pierre Lemaître a ainsi obtenu le Prix Goncourt en décrivant les mésaventures de deux laissés pour compte de la Première Guerre mondiale avec Au revoir là haut et Anne Perry est devenue la maîtresse du polar en crinoline dans le Londres du 19e siècle.

 

*Les petits riens de la vie. Comme Philippe Delerm qui en est devenu le digne représentant avec succès depuis La Première gorgée de bière, on peut partir d’un souvenir d’enfance, d’une sensation, d’un tiroir de bureau dont on (re)découvre tous les secrets et d’un détail, écrire une histoire dont on se laisserait submerger.

 

*Les faits divers ont bonne presse. La vie est parfois plus étonnante qu’un roman de parfaite fiction. Le plus célèbre des faits réels devenu grande littérature restant De sang froid de Truman Capote inspiré du meurtre d’une famille dans une ferme et de ses multiples conséquences. Ou James Ellroy marqué par le décès mystérieux de sa mère pour le décliner en chef d’œuvre vénéneux avec Le Dahlia noir.

 

*Du neuf avec du vieux. Comme Tolkien qui partit des légendes nordiques pour son Seigneur des Anneaux ou (grand écart) Fifty shades of Grey de E.L. James, resucée version sado-maso de la saga Twilight, on peut réinventer une histoire existant déjà, jusqu’à la faire totalement sienne et l’éloigner de son inspiration initiale.

 

*Une lettre, puis une autre. On peut aussi décider de faire correspondre ses personnages entre eux et la somme de tous leurs courriers respectifs deviendra roman. Le plus célèbre du genre épistolaire étant Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.

 

*Fantasmes, vous avez dit fantasmes ? Partir de ses fantasmes les plus inavoués est également un excellent point de départ que ne renieraient pas le Marquis de Sade ou plus près de nous, Catherine Millet et sa Vie sexuelle de Catherine M. Ainsi, une pratique sexuelle différente peut être totalement fictionnalisée comme dans Les belles endormies de Kawabata et ses vieillards qui ne peuvent dormir qu’avec une jeune fille dénudée.

 

*Cauchemars devenus réalités. Stephen King en est le maître, mais il n’est pas le seul. Les rêves et surtout les cauchemars font d’excellentes sources de fiction et permettent à leurs auteurs de les exorciser. Sylvie-Christine de Vailly s’est d’ailleurs récemment basée sur un rêve angoissant du chef Giovanni Apollo pour écrire son dernier thriller, Le Cinquième péché.

 

*Parodie de la vie. C’est en caricaturant son professeur de physique qu’Alfred Jarry a eu l’idée d’écrire son personnage éponyme d’Ubu roi. Caricaturer quelqu’un que l’on connaît ou une situation que l’on a vécue pour l’amener dans une autre situation initiale peut ainsi être un bon point de départ. C’est d’ailleurs ce que fit Frédéric Beigbeder pour son roman 99 F, parodie du milieu de la publicité dont il était issu.

 

les trucs d'auteurs
13/05/16


Découvrez les trucs d’auteurs !

Dès que possible, JDE part à la rencontre des écrivains qui trustent les librairies pour comprendre comment ils travaillent. Quelles sont leurs méthodes d’écriture ? Comment parviennent-ils à venir à bout […]

Voir les trucs d'auteurs