02/12/16

Dialogue : les 6 commandements pour écrire de bonnes répliques

Cyrano de Bergerac, L’Odyssée, Madame Bovary… On a tous à l’esprit des œuvres littéraires inoubliables. La raison ? Une grande histoire et, surtout, des échanges dialogués qui marient à la perfection toutes les figures de style. En attendant d’atteindre le panthéon des grands auteurs, voici quelques règles à intégrer dans votre écriture.

Par David Kuhn

  • Donnez du rythme à travers vos verbes !

C’est une règle d’or dans la littérature : sauf si vous rédigez un monologue, il faut que votre protagoniste dialogue avec d’autres sujets. Pour faire avancer les actions, vous devez employer de nombreux verbes. À vous de créer de la variété dans vos situations !

Au lieu de :

« J’ai faim », dit Léon

Préférez :

— « J’ai faim », hurla Léon (pour le ton) / s’inquiéta Léon (pour exprimer un sentiment) / clama Léon en l’enlaçant (pour le mouvement)…

 

  • Un dialogue permet de faire avancer les situations et non l’inverse.

Par exemple, si vous dites avant une intervention dialoguée « Des nuages sont venus obscurcir le ciel », ce n’est pas pour enchaîner sur :

— Tu as vu, il n’y a plus de soleil…

— Oui, il fait gris maintenant !

Il faut aller dans le sens de l’action pour délivrer de vraies informations.

 

  • Soignez la mise en scène entre deux répliques.

Il faut réussir à montrer les choses sans les prononcer pour donner une plus grande profondeur aux échanges.

Premier exemple :

— Je voulais te dire que… (Il reprend son souffle). Je voulais te dire que je t’aime.

Deuxième exemple :

— Je voulais te dire quelque chose d’important.

Léon fronce les sourcils et s’emporte.

— Comment as-tu pu me faire cela ?

 

  • Maniez l’art des quiproquos !

C’est une clé incontournable qui permet de créer des situations comiques ou dramatiques entre deux personnes qui n’arrivent pas à se comprendre. Exemple célèbre :

— Pour le traiteur j’ai pensé qu’on pourrait prendre Lenôtre.
— Pourquoi pas. Et qui c’est ?
— C’est Lenôtre. Mais si vous préférez prendre le votre !
— On peut prendre le votre.
— Parfait !
— Alors, c’est qui ? J’ai compris, vous ne voulez pas le dire !

Ces incompréhensions permettent souvent de faire évoluer la relation entre les personnages. Idem avec les sous-entendus, les non-dits, les dérapages verbaux (révélation d’un secret par exemple) ou les lapsus qui sont très utiles pour modifier le rapport de force.

 

  • N’hésitez pas à jouer avec le lecteur !

À travers votre style, vous pouvez très bien employer le discours indirect dans le récit (« Léon expliqua à Sophie pourquoi il ne l’aimait plus »). Et même le discours indirect libre (« Léon lui avait déjà dit. S’il était encore amoureux, il ne serait jamais parti »). Vous avez également la possibilité de faire parler votre personnage en aparté et prendre le lecteur comme témoin.

Exemple :

— Sophie, il faut que je te dise quelque chose d’important

Comment vais-je bien pouvoir lui expliquer ça ? Il faut que je sois diplomate…

— Je crois que j’ai moins de sentiments pour toi…

 

  • Enfin, lisez vos dialogues à haute voix…

pour tester leur efficacité et leur « oralité ». Cela permet de gommer les éventuelles imperfections et de trouver les mots qui correspondent le mieux au caractère du personnage. Si on en a la possibilité, il est également intéressant de demander à une tierce personne de lire les dialogues à haute voix pour tester la crédibilité des situations.

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13/05/16


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