24/01/17

Écrire un roman : tout est affaire de documentation

Se lancer dans l’écriture d’un roman, c’est bien. Mais le rendre crédible, c’est encore mieux et cela passe par une documentation très précise afin que vous ancriez votre histoire dans […]

Par Mélanie Carpentier

Se lancer dans l’écriture d’un roman, c’est bien. Mais le rendre crédible, c’est encore mieux et cela passe par une documentation très précise afin que vous ancriez votre histoire dans le réel ou dans l’imaginaire le plus total.

 

Visualisez l’écriture de votre roman comme on construit une maison ou un immeuble. On pense d’abord aux fondations. On creuse au plus profond, on renforce au mieux tout ce qui permettra à votre édifice de tenir. Et seulement après, vous pourrez vous attaquer aux étages, qui prennent la forme ici de vos personnages ou des dialogues de votre œuvre.

 

Les fondations de votre histoire

 

Qu’il s’agisse d’un monde totalement inventé ou d’un récit provenant de votre vécu, le lecteur doit pouvoir se projeter mentalement dans votre histoire, en faire partie prenante. Pour cela, il ne faut pas lésiner sur les descriptions et pour les rendre palpables, il ne faut pas hésiter à prendre un temps certain avant de vous lancer, quitte à devenir un vrai petit rat de bibliothèque. À lire beaucoup, à fureter sur des sites Internet recensant leurs sources, a fortiori si votre roman se passe à une époque historique bien précise. N’oubliez pas qu’Émile Zola, pour ses Rougon-Macquart, faisait un véritable travail de terrain, noircissant des carnets en se rendant sur place comme le ferait un reporter, en interrogeant des personnes ou en reproduisant au mieux tout ce qu’il voyait. Ce n’est pas pour rien qu’il est devenu le père du naturalisme. Truman Capote, pour De sang-froid, a rencontré les deux meurtriers d’un sanglant fait divers, afin de relater leur histoire au plus précis, tout en la transformant en œuvre d’imagination. Ce que fit également Yukio Mishima dans La Musique dont le héros est un psychanalyste. L’écrivain s’est plongé dans de nombreuses lectures de Freud ou Lacan, quitte à inventer le nom d’ouvrages, afin que son personnage puisse avoir un propos et un comportement crédibles et adéquats.

 

Documentation vs imagination

 

Ce travail de recherche peut être de longue haleine. Mais plus il sera sérieux et rigoureux, plus votre roman sera riche de détails et plus vos personnages seront dessinés. Ce qui n’annihile aucunement votre propre imagination, ainsi nourrie. Quand Emily Brontë écrit Les Hauts de Hurlevent, devenu un classique, personne à l’époque n’imagine que pareille histoire ait pu sortir de l’esprit d’une jeune fille qui vit presque en recluse chez elle. Mais Emily Brontë était passionnée de chroniques villageoises (son histoire proviendrait d’un fait divers) et lisait beaucoup de journaux pour savoir ce qu’il se passait autour d’elle. Tout ceci a renforcé son canevas qui, comme un bâtiment, a pu se doter d’escaliers, de fenêtres, de portes et d’une toiture solide, grâce aux fondations qu’elle a pris le temps de creuser. Et si vous n’avez pas l’habitude de vous documenter, observez tout ce qui se passe autour de vous : ce sera le point de départ d’un éveil à la curiosité qui vous conduira naturellement à vouloir en savoir plus. Et un jour l’écrire.

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